Ski de randonnée : le guide complet pour débuter
Le ski de randonnée, une discipline en plein essor
Le ski de randonnée connaît une croissance remarquable depuis plusieurs années. Cette discipline, qui consiste à monter à ski grâce à des peaux de phoque collées sous les semelles puis à redescendre en ski alpin, séduit par sa liberté totale. Plus de file d’attente aux remontées mécaniques, plus de pistes bondées : le skieur de randonnée évolue dans un terrain vierge, au rythme de sa propre progression.
Le matériel spécifique
Les skis
Les skis de randonnée se distinguent des skis alpins par leur poids réduit et leurs fixations spéciales. En montée, le talon est libre pour permettre le mouvement de marche. En descente, il se bloque pour retrouver la rigidité d’un ski alpin. Les modèles récents pèsent entre 1 200 et 1 600 grammes par ski, contre 2 000 à 2 500 grammes pour un ski de piste classique.
Les peaux de phoque
Les peaux adhésives se collent sous la semelle du ski et permettent de glisser vers l’avant tout en empêchant le recul. Elles sont fabriquées en mohair (meilleure glisse), en synthétique (meilleure accroche) ou en mix des deux matériaux. Il faut les dimensionner précisément à la taille de ses skis.
Les chaussures
Les chaussures de ski de randonnée disposent d’un mode marche qui libère la tige pour faciliter la flexion. En descente, le verrouillage de la tige offre le maintien nécessaire au ski alpin. Le poids varie de 1 000 à 1 500 grammes par chaussure, bien moins qu’une chaussure de piste.
La technique de montée
Les conversions
La technique la plus importante en ski de randonnée est la conversion, le demi-tour effectué sur une pente pour changer de direction lors de la montée en lacets. Il existe deux types de conversions :
- Conversion amont — Le skieur pivote face à la pente, plus sûre sur terrain raide
- Conversion aval — Le skieur pivote face à la vallée, plus rapide sur terrain modéré
Le rythme
La montée en ski de randonnée est un effort d’endurance comparable à la marche rapide. Le rythme idéal est celui qui permet de tenir une conversation sans être essoufflé. Comptez environ 400 mètres de dénivelé par heure pour un pratiquant régulier.
La sécurité avalanche
L’équipement de sécurité obligatoire
Tout skieur de randonnée doit porter les trois éléments du triptyque de sécurité avalanche :
- DVA (Détecteur de Victimes d’Avalanche) — Émetteur-récepteur électronique qui permet de localiser un enseveli
- Pelle — Pelle à neige légère en aluminium pour dégager rapidement une victime
- Sonde — Tige pliable de 240 cm minimum pour localiser précisément la victime sous la neige
Le bulletin d’estimation du risque d’avalanche
Avant chaque sortie, consulter le bulletin d’estimation du risque d’avalanche (BRA) publié par Météo-France. L’échelle va de 1 (risque faible) à 5 (risque très fort). Un débutant ne devrait pas sortir au-delà d’un risque 2, et uniquement sur des itinéraires bien documentés.
La formation est la meilleure protection contre le risque d’avalanche. Participez à un stage d’initiation avec un guide de haute montagne avant de partir seul. Ces formations de 2 à 3 jours couvrent la lecture du terrain, l’utilisation du DVA et les techniques de secours.
Les premiers itinéraires
Pour débuter, choisissez des itinéraires classiques bien fréquentés avec un dénivelé modéré (600 à 900 mètres) et une exposition favorable (versants nord pour la qualité de neige, pentes inférieures à 30° pour limiter le risque d’avalanche).
Les stations qui proposent des espaces dédiés au ski de randonnée avec itinéraires balisés sont idéales pour les premières sorties. Elles permettent de progresser en sécurité tout en découvrant les sensations de la discipline.
Conclusion
Le ski de randonnée offre une liberté incomparable et un rapport intime avec la montagne. La discipline demande cependant un investissement en matériel, en formation et en condition physique. Commencez par un stage encadré, équipez-vous progressivement et choisissez des itinéraires adaptés à votre niveau. La montagne sera toujours là demain.